Rupture de la coiffe des rotateurs : quand faut-il envisager une chirurgie ?

Docteurs Agout, Commeil & Lavignac

Les ruptures de la coiffe des rotateurs sont fréquentes, en particulier avec l’âge. Elles correspondent souvent à une évolution progressive du tendon, qui s’use puis peut finir par se rompre : on parle alors de rupture dégénérative.

Une rupture de la coiffe évolue-t-elle avec le temps ?

Oui, mais pas toujours à la même vitesse.

Les études qui suivent les ruptures de coiffe au fil des années montrent qu’une proportion importante d’entre elles augmente progressivement de taille. Les ruptures complètes, dites transfixiantes, présentent notamment un risque d’évolution plus important que les ruptures partielles.

Avec l’agrandissement de la rupture, le tendon peut progressivement se rétracter et le muscle perdre de sa qualité, notamment par l’apparition d’une infiltration graisseuse. Ces modifications peuvent diminuer les chances de cicatrisation et, à un stade avancé, rendre le tendon difficile voire impossible à réparer.

Toutes les ruptures doivent-elles alors être opérées ?

Non.

Une petite rupture dégénérative, peu douloureuse et sans perte importante de force peut parfaitement relever d’une surveillance et d’un traitement par rééducation.

La vitesse d’évolution n’est pas identique pour toutes les ruptures. Elle dépend notamment de leur taille, de leur caractère partiel ou complet, des tendons concernés et de la qualité musculaire.

Pourquoi ne faut-il parfois pas trop attendre ?

Lorsqu’une rupture est réparable et qu’une intervention paraît nécessaire, attendre plusieurs années n’est pas toujours sans conséquence.

Une rupture peut progressivement s’agrandir, se rétracter et s’accompagner d’une dégradation du muscle. Or la taille de la rupture, la rétraction tendineuse et l’infiltration graisseuse font partie des principaux facteurs associés à une moins bonne réparabilité.

L’objectif n’est donc pas d’opérer toutes les ruptures dès leur découverte, mais de ne pas laisser évoluer une rupture qui présente un risque important de devenir plus difficile à réparer.

Et après un traumatisme ?

La situation est différente lorsqu’une rupture apparaît brutalement après une chute, un accident ou un effort important sur une épaule qui fonctionnait normalement auparavant.

Une perte brutale de force ou une difficulté nouvelle à lever le bras doit conduire à demander rapidement un avis spécialisé.

Contrairement à une rupture dégénérative installée progressivement, une rupture traumatique peut se rétracter rapidement. Lorsqu’une réparation est indiquée, les données disponibles sont globalement en faveur d’une prise en charge précoce ( dans les 3 mois suivant le traumatisme), avec de meilleurs résultats fonctionnels et probablement un risque plus faible d’échec de cicatrisation.

Consulter rapidement ne signifie pas que l’on sera forcément opéré immédiatement. Cela permet surtout de déterminer si le tendon peut être surveillé ou s’il existe un intérêt à le réparer avant qu’il ne se rétracte davantage.

À retenir

Une rupture de la coiffe des rotateurs est souvent liée au vieillissement naturel du tendon et ne nécessite pas systématiquement une intervention.

Mais une rupture n’est pas figée : elle va s’agrandir et devenir progressivement plus difficile à réparer.

Une rupture traumatique récente mérite notamment un avis spécialisé rapide.

Consulter le Dr Commeil pour une rupture de la coiffe des rotateurs

Le Dr Paul Commeil est chirurgien orthopédiste spécialiste de l’épaule à Bordeaux. Il prend en charge les ruptures de la coiffe des rotateurs à la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine (Capnova, Bordeaux Nord) 

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