Qu’est ce que l’arthrose de l’épaule ?
L’épaule correspond à l’articulation entre l’omoplate et l’humérus. La partie supérieure de l’humérus constitue une tête sphérique qui pivote dans un creux de l’omoplate qui est la glène. Ces surfaces de glissement sont recouvertes de cartilage.
Le muscle deltoïde et les tendons de l’épaule entourent cette articulation. Ils s’insèrent autour de la tête de l’humérus et participent aux mouvements d’élévation du bras et de rotation de l’épaule.
L’arthrose est l’usure progressive du cartilage de l’articulation de l’épaule.
Cartilage de l’articulation de l’épaule
Le cartilage est un revêtement de surface qui assure le glissement doux, régulier et indolore des pièces osseuses. Son usure aboutit à un « grippage » de l’articulation qui créé plusieurs phénomènes : l’articulation produit du liquide (épanchement de synovie), de l’os « en plus » se forme (appelé ostéophyte) et de petites billes d’os peuvent apparaître et se balader dans l’articulation (appelées ostéochondromes).
L’usure du cartilage est irréversible et l’arthrose ne guérit pas spontanément.
L’évolution se fait vers l’aggravation avec un retentissement sur la douleur et la mobilité de l’articulation. Il n’y a pas de corrélation entre l’importante de l’arthrose et la gravité des symptômes ressentie par le patient.
L’arthrose de l’épaule peut se manifester par des douleurs mécaniques survenant lors de la sollicitation du membre et par un enraidissement avec blocage et limitation des mobilités.

Types d’arthrose de l’épaule
Il faut distinguer deux types d’arthrose de l’épaule selon l’état de la coiffe des rotateurs.
- L’arthrose centrée, lorsque la coiffe des rotateurs est intacte, correspond à l’usure isolée du cartilage articulaire huméral et glénoidien
- L’arthrose excentrée correspond à l’usure de la coiffe des rotateurs associée à une usure progressive du cartilage entrainant une excentration progressive de l’humérus
Un traitement médical associant infiltration de cortisone et des séances de rééducation sera réalisé dans un premier temps.
En cas d’échec du traitement médical, la mise en place d’une prothèse d’épaule peut être proposée.
Les prothèses d’épaule
Les prothèses d’épaule ont fait d’énorme progrès ces 20 dernières années avec beaucoup d’évolution des implants et des techniques de pose moins invasive.
L’opération consiste à remplacer les zones usées par des pièces prothétiques, en respectant les muscles et les tendons passant à proximité.
Une incision courte est réalisée au niveau de la partie antérieure de l’épaule. Un passage sera fait entre les différents muscles en les écartant pour accéder à l’articulation. La tête humérale est retirée puis l’os de l’humérus et de la glène sont préparés pour recevoir la prothèse.
Il existe deux types de prothèses adaptées à chaque type d’arthrose. Le choix entre ces deux types de prothèses repose donc sur une analyse rigoureuse de chaque cas individuel, en tenant compte de multiples facteurs anatomiques, fonctionnels et biomécaniques.
Prothèse anatomique
La prothèse anatomique va reproduire l’architecture normale de l’épaule en installant une sphère métallique pour remplacer la tête humérale, et une cupule en polyéthylène pour remplacer la glène de l’omoplate. L’élément que l’on positionne dans l’omoplate est plat et reçoit cette boule : « la boule est du côté de l’humérus ».
Elle sera indiquée lorsqu’il existe une arthrose centrée. Il y a des limites à cette prothèse, la principale étant qu’elle nécessite d’avoir des muscles et des tendons de bonne qualité pour faire fonctionner cette prothèse.
Les tendons de la coiffe des rotateurs notamment sont indispensables au fonctionnellement de la prothèse anatomique.
Prothèse inversée
La prothèse inversée sera indiquée devant une arthrose excentrée avec rupture irréparable des tendons de la coiffe des rotateurs.
C’est un Français, le Docteur Paul Grammont qui a eu l’idée de modifier l’anatomie de l’épaule. La tige métallique que l’on positionne dans l’humérus se termine par une cupule. L’élément que l’on positionne dans l’omoplate est une boule qui s’articule avec la cupule. « La boule est du côté de l’omoplate » c’est la raison pour laquelle on parle de prothèse inversée, par opposition à la prothèse anatomique. La forme de cette prothèse permet d’actionner le muscle deltoïde qui est présent et fonctionnel dans la grande majorité des cas, ce qui permet de suppléer les tendons rompus.
L’intervention pour une prothèse d’épaule
Le choix entre une prothèse d’épaule inversée ou anatomique doit faire l’objet d’une analyse rigoureuse et individualisée de chaque cas, en tenant compte de plusieurs facteurs déterminants.
Cette intervention se réalise généralement en ambulatoire et dure un peu moins d’une heure.
La mise en place de protocole de récupération améliorée après la chirurgie (RAAC) permet une optimisation du parcours patient ; avant, pendant et après l’intervention.
Après l’intervention, l’épaule est immobilisée quelques jours seulement. Cette immobilisation peut être enlevée pour la toilette, manger et réaliser des exercices d’auto-rééducation.
Les gestes simples de la vie quotidienne sont encouragés immédiatement après l’intervention. La conduite automobile est généralement reprise après 6 semaines. Une rééducation douce et progressive est nécessaire après ce type de chirurgie et dure généralement 3 à 4 mois. Un protocole pour votre kinésithérapeute vous est remis à ce sujet. Les activités plus sollicitantes peuvent être reprises après 6 mois.
Le principal bénéfice de l’opération est le soulagement de la douleur, la récupération des mobilités de l’articulation et l’utilisation normale du bras au alentour du 3ème mois.
Risques de l’intervention
En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, notons quelques risques plus spécifiques à cette chirurgie :
- Une raideur articulaire peut se développer si la rééducation post-opératoire n’est pas bien prise en charge.
- Il est possible que la zone opérée saigne après l’intervention et qu’il se forme un hématome.
- La survenue d’une infection de la prothèse, bien que rare (risque inférieur à 1 % dans notre établissement), est une complication sévère puisqu’elle peut nécessiter le changement de la prothèse ainsi qu’un traitement antibiotique de longue durée.
- Une complication nerveuse exceptionnelle peut occasionner une douleur ou une perte transitoire de la sensibilité et de la motricité de certaines parties du bras.
- La prothèse de l’épaule peut se luxer lors de certains mouvements comme peut l’être une épaule normale.
- Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive. Votre chirurgien vous donnera toute explication complémentaire et se tiendra à votre disposition pour évoquer avec vous chaque cas particulier avec les avantages, les inconvénients et les risques de l’intervention.
4 points clés à retenir sur la chirurgie prothétique de l’épaule
Quelle est la différence entre une prothèse anatomique et une prothèse inversée ? La prothèse anatomique reproduit la forme naturelle de l’épaule et nécessite des tendons sains. La prothèse inversée change l’architecture de l’articulation pour permettre à l’épaule de bouger uniquement grâce au muscle deltoïde, même si les tendons sont définitivement rompus.
Comment se déroule l’opération avec le Dr Charles Agout ? Pratiquée à Bordeaux, l’intervention dure moins d’une heure. Elle est réalisée de manière mini-invasive en passant entre les muscles sans les couper. Le séjour se fait le plus souvent en ambulatoire, permettant un retour au domicile le jour même.
Quand peut-on reprendre une vie normale après la pose d’une prothèse ? Le soulagement de la douleur est souvent immédiat. La reprise de l’autonomie (manger, s’habiller) se fait dès les premiers jours. Pour la conduite, il faut compter environ 6 semaines. La récupération fonctionnelle optimale est atteinte vers le 3ème mois après une rééducation douce.
Quels sont les risques liés à cette chirurgie ? Bien que rares, les complications comme l’infection (moins de 1 %), l’hématome ou la raideur articulaire existent. Une analyse rigoureuse et individualisée de chaque cas permet de minimiser ces risques. Votre chirurgien assure un suivi post-opératoire strict pour garantir le succès de l’implant.
Conclusion
En conclusion, l’arthroplastie de l’épaule, inversée ou anatomique, représente une avancée majeure dans le traitement des pathologies articulaires sévères. Comprendre les spécificités et les implications de chaque type de prothèse est essentiel pour orienter le choix vers la solution la plus adaptée à chaque patient.
N’hésitez pas à contacter le Docteur Agout, chirurgien orthopédiste à Bordeaux pour discuter de vos options et obtenir des informations plus précises sur les prothèses d’épaule.